Florent, très tôt, était convaincu que l’agroalimentaire (sans doute un mot savant pour rebaptiser la production d’alimentation pour les êtres humains) ne satisfaisant ni le producteur ni le consommateur, tant par la qualité proposée que par les prix d’achat ou de vente imposés, aboutirait à une crise.
En 2008, l’actualité ne lui a pas donné tort.
Bien entendu, sans intention de refaire le monde comme certains rêveurs, sans rejeter le modernisme, son raisonnement basé sur le bon sens était que les consommateurs chercheraient à retrouver le goût des produits régionaux simples et sains, qu’ils se rapprocheraient de ceux qui les produisent, les Paysans agriculteurs entre autre, les seuls à pouvoir garantir une qualité non par des étiquettes codées, des emballages racoleurs ou de la publicité coûteuse, mais par
— un travail respectueux de l’environnement et des hommes
— l’information et la proximité avec les consommateurs
— l’établissement d’une confiance mutuelle
En fait, il souhaitait que les consommateurs connaissent, reconnaissent (enfin !) le travail de ceux qui sont chargés de les nourrir en leur payant le prix juste des produits de qualité, exigeant plus de travail que d’investissements : serres, produits de traitements (même bio !), matériel sophistiqué, etc.
Ceci devant influencer le prix de vente, plutôt payer une main d’œuvre courageuse !
Il souhaite également et autant que possible garder la maîtrise de la vente de ses produits, ne pas être qu’un maillon d’une « chaîne » (même alimentaire !).
Aujourd’hui il pense que la qualité doit être accessible matériellement et financièrement à tous ceux qui veulent :
- améliorer leur alimentation en modifiant leurs habitudes de consommation
- faire découvrir à leurs enfants les couleurs, les formes, l’odeur, (le nom même parfois !) et bien sûr le goût des légumes de saison cultivés traditionnellement.
Il a acquis au fil des années une maîtrise de la culture biologique qui, malgré les éléments naturels pas toujours coopératifs, l’aide à garantir une production de qualité de 40 à 50 variétés sur 50 hectares. Cette surface permet la rotation indispensable des parcelles cultivées, celles qui ne le sont pas étant travaillées par la méthode préventive dite « de fausse culture » contre les « mauvaises herbes » ( expression commune !).
Pour son matériel il s’est équipé de tracteurs et machines adaptés à son exploitation et à sa spécificité, achetés souvent d’occasion, préférant le nombre qui lui épargne la manutention pénible et longue à l’excès de puissance ou de technicité inutile. De plus, souvent, le « bricolage maison » rend le matériel plus performant et résistant.
Pour le désherbage et la cueillette, manuels en partie et par tous les temps, il emploie une équipe de 3 à 5 personnes selon les saisons. La main d’œuvre est donc la part importante du coût de revient. L’irrigation, dont la fréquence est contrôlée comme l’exige le règlement, provient de son puits.
Bien entendu les semences, plants et engrais BIO proviennent de fournisseurs certifiés ECOCERT, un des organisme qui contrôle le respect du cahier des charges justifiant sa certification d’agriculteur biologique.


